ECTS : 6
Description du contenu de l'enseignement :
Ce séminaire de Méthodes qualitatives est conçu comme un « séminaire général » qui a pour ambition de permettre aux étudiant·e·s l’affinement de leur démarche de recherche, en relation étroite avec leur sujet de mémoire de recherche ou de stage. Il ne sera pas question d’enseigner les méthodes qualitatives (entretiens, observation, archives, etc.), considérées comme acquises et largement pratiquées à ce stade, mais de conduire une réflexion plus approfondie à propos des usages et mésusages, des coûts et profits de telle ou telle méthode. Dans cette optique, ce séminaire vise à constituer un espace de réflexion, de dialogue et d’échange autour de nos pratiques de recherche (qualitative) en sciences sociales du politique, qui prenne pour objet les allers retours incessants entre choix méthodologiques et opérations épistémologiques.
Compétence à acquérir :
Ce séminaire repose sur un corpus de textes et sur des exemples concrets tirés d’enquêtes de terrain. A partir de ces ressources, les participantes et participants s’interrogeront sur les enjeux méthodologiques et épistémologiques soulevés par la pratique des méthodes de recherche qualitatives en sciences sociales du politique, tout particulièrement en ce qui concerne les domaines de l’analyse de l’action publique et des politiques publiques, de l’opinion et des croyances, des formes de participation politique et de « l’État au concret ». Trois thèmes transversaux structurent l’ensemble des séances :
- La construction d’un objet de recherche en sciences sociales du politique ;
- La sélection, la mise en œuvre, les avantages et les limites des différentes méthodes de recherche qui composent la boîte à outils de la recherche dite qualitative ;
- La production, la mise en ordre et l’analyse des données de recherche et leurs liens avec la position sociale du ou de la social scientist.
A la fin de ce cours, les étudiant·e·s seront capables de mieux construire leur objet de recherche et d’évaluer les coûts, les avantages et les limites respectives de telle ou telle méthode qualitative, en lien avec leur question initiale. Elles et ils seront en mesure de mobiliser les textes étudiés de façon critique et d’en discuter les apports et les angles morts dans la création de leur(s) protocole(s) d’enquête(s), dans leurs démarches d’évaluation des politiques publiques et dans leurs travaux de recherche académique. Ils et elles seront plus à même de mettre en œuvre les pratiques réflexives propres à tout travail de sciences sociales.
Mode de contrôle des connaissances :
Le séminaire est crédité de 3 ECTS (90 h de travail dont 18h en face-à-face, soit 72 h de travail personnel – préparation des exposés, lectures, préparation de l’analyse d’entretien). Trois modes d’évaluation forment la note finale :
1. Assiduité et participation : L’assiduité est obligatoire et la participation active requise. Toute absence doit être justifiée. Seules les absences avec production de certificat médical sont considérées comme justifiées. L’assiduité repose sur la lecture active (avec annotations) des lectures du cours :
Les textes obligatoires : D’une longueur variable, leur lecture est requise par tou·tes les participant·es à chaque séance, qui sont capables non seulement d’en parler mais également de confronter les résultats principaux à d’autres recherches empiriques, y compris les leurs.
Les lectures complémentaires : Elles ne s’entendent pas comme des objets décoratifs mais comme des outils pratiques dont doivent se saisir les participant·es au séminaire. Leur lecture est toutefois optionnelle mais fortement recommandée pour celles et ceux qui font un exposé sur la thématique.
L’ensemble des textes est disponible sur le support Moodle du cours.
2. Réalisation d'un cours : A partir d’une bibliographie restreinte et de leur propre expérience de recherche, les participant·es au séminaire seront convié·es à réaliser des cours problématisés autour de l’usage de telle ou telle méthode, en lien direct avec leur objet de recherche « en train de se faire ». Pour chaque séance, un ou des texte(s) obligatoire(s) doi(ven)t être lu(s) et analysé(s) par l’ensemble des étudiant·es. Les exposant·es disposent d’une bibliographie plus étoffée, dont la lecture est fortement conseillée.
3. Analyse d’un entretien de recherche : à l’issue du Séminaire, vous choisirez de retranscrire intégralement un entretien de recherche de votre choix réalisé au cours de l’année (ou l’année précédente) et y joindrez une analyse approfondie, qui s’appuiera sur les outils, les données, la bibliographie et les exemples d’enquêtes traitées au cours du Séminaire. Cette analyse, dont la taille tournera approximativement autour de 15 000 signes espaces et notes compris (+/- 10% autorise´s), portera à la fois sur la situation d’enquête et sur le contenu de l’entretien.
Procédures de notation :
Assiduité et participation : 10%
Cours : 40%
Analyse de l’entretien : 50%
Bibliographie, lectures recommandées :
- Stéphane Beaud et Florence Weber, 2010, Guide de l’enquête de terrain, Paris : La Découverte, Repères, 3e éd.
- Howard Saul Becker, 2002, Les ficelles du métier. Comment conduire sa recherche en sciences sociales, Paris : La Découverte, Repères.
- Peter Berger, 2006 [1963], Invitation à la sociologie, Paris : La Découverte.
- Patrick Champagne, Rémi Lenoir, Dominique Merllié, Louis Pinto, 1996, Initiation à la pratique sociologique, Paris : Dunod.
- Nicolas Jounin, 2014, Voyage de classes. Des étudiants de Seine-Saint-Denis enquêtent dans les beaux quartiers, Paris : La Découverte.
- Delphine Naudier, Maud Simonet (dir.), 2011, Des sociologues sans qualités ? Pratiques de recherche et engagements, Paris, La Découverte, coll. « Recherches ».
- Jean-Pierre Olivier de Sardan, 1995, “La politique du terrain. Sur la production des données en anthropologie » Enquête n°1, Les terrains de l’enquête, pp.71-109 : http://enquete.revues.org.- document263.html
- Johanna Siméant (dir.), 2015, Guide de l’enquête globale en sciences sociales, Paris : CNRS.